Conscience RasTa

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L'enfant porté au dos ne sait pas que la route est longue. Proverbe Bamiléké (Cameroun)

lundi 1 mars 2004

:: Turbulence wah yu say ? ::

Dans le Ragga de février, le DJ Turbulence (qui a fait ses preuves à Paname en 1ère partie de Sizzla, c'était en juillet 2001, long time déjà !) est interviewé et il a de bons mots : On prend ça très au sérieux, c'est pour cela qu'on monte parfois sur scène avec des costumes et des cravates, parce que personne n'a jamais vu le King en pyjama, il est toujours en costume.
Nuff raspect Turbulence, gwan fi tell the people the truth ::

Sur la photo, on voit, à droite, Tafari Makonnen, futur atsé (empereur) Haylé Sellassié, et, à gauche, Ledj Iyassu, héritier de la couronne à la suite de Ménélik II (mort en 1913), mais qui finit emprisonné dès 1916 en raison de son attachement à l'islam, guère accepté dans un empire de tradition chrétienne (bien que la population soit majoritairement musulmane dans certaines régions de l'Ethiopie).
A la suite de sa capture, le Ras Tafari Makonnen est chargé de la régence, aux côtés de l'impératrice Zaoditou (une des filles de Ménélik). Il commence dès lors à exercer des fonctions au plus haut niveau. Treize ans avant son accession au trône suprême ::

Jah bless ::

vendredi 27 février 2004

:: Le Ras Tafari en France part 2 ::

Suite du récit de la venue de Sa Majesté en France, il y a 80 ans de cela. Arrivé à Marseille le 14 mai 1924, Sa Majesté a visité la ville avant d'aller dormir à la préfecture. Départ pour Paris ensuite, par le train, où il arriva au matin du 16 mai, à la gare de Lyon. Accueilli par le président du conseil Poincaré, il se rendit au Palais des Affaires étrangères (Quai d'Orsay, près des Invalides) pour une réception officielle. Il fit de même à l'Elysée (avec le président A. Millerand) puis à l'Hôtel de Ville.
Le samedi 17 mai, Son Altesse Impériale et Royale Ras Tafari Makonnen (son titre dans les papiers diplomatiques) visita, avec sa suite de ras et autres dedjazmatch (ce sont des titres militaires), le camp d'aviation du Bourget (cf photo) puis déposa dans l'après-midi une palme d'ivoire sur la tombe du soldat inconnu en-dessous de l'Arc de Triomphe.
Avant d'aller plus loin, un petit éclaircissement sur les causes de la venue du Ras Tafari en Europe. Pourquoi visiter d'abord la France plutôt qu'un autre pays ? La France est le premier pays a avoir établi des relations durables avec l'Ethiopie : dès 1843, un Français signa au nom de Louis-Philippe un traité d'alliance commerciale avec le roi Sahlä-Sellassié (arrière-grand-père de Sa Majesté). Les liens restèrent fort jusqu'au règne de Ménélik (1889-1913), pendant lequel la France établit une ligne de chemin de fer entre Djibouti et Addis-Abeba (elle y parvient en 1917, et existe toujours aujourd'hui, avec double affichage en français et amharique). Cette voie ferrée permit d'accroître les liens entre les deux pays, la France (c'est le discours diplomatique officiel) n'ayant aucune arrière-pensée colonialiste, à la différence de l'Italie qui tenta, en 1895-96, la conquête de l'Ethiopie mais subit une sévère défaite à Adwa, la première que des Africains font subir à des Européens !
Aussi lorsque le jeune ras Tafari parvient au pouvoir en 1917 (il a alors 24 ans !), il est bien disposé envers la France, d'autant qu'il parle couramment cette langue depuis son enfance.
Après la Première Guerre mondiale, est créée la SDN (Société des Nations) qui doit regrouper les Etats indépendants et leur garantir l'intégrité territoriale. Se pose dès lors le problème pour l'Ethiopie, un des seuls Etats africains indépendants (avec le Libéria), d'y adhérer afin d'être protégée des pressions étrangères (italienne à l'est et anglaise au nord-ouest). Mais ces Etats créent des difficultés, évoquant le trafic d'esclave et d'armes qui existe en mer Rouge et, par extension, en Ethiopie.
To be continued...

Jah Rastafari I bless ::

samedi 7 février 2004

:: Jeune Afrique, l'Intelligent ::

L'hebdomadaire Jeune Afrique propose dans sa version en ligne un Who's Who des personnalités africaines qui ont marqué leur domaine : politique (Haylé Sellassié bien sûr), musique (Alpha Blondy), sciences & spiritualité (Cheikh Anta Diop, Cheick Modibo Diara), arts & littérature, sport, cinéma mais aussi une rubrique dictateurs au rang desquels Mengistu Haïlé Maryam (appelé le Négus rouge par la presse occidentale bien que le titre de negus, roi, ne lui sied pas du tout, bumboclaat !) trouve bien sa place, en tant que massacreur et fossoyeur d'un pays béni : Ityopya ::
A visiter pour en connaître davantage sur ces personnalités qui ont bien souvent contribué à un plus grand rayonnement de l'Afrique dans le monde (ou à l'indépendance de leur pays ; un bon moyen de réviser l'histoire de la décolonisation à travers ses figures historiques, avis à ceux qui passent le bac).

La légende de la photo dit ceci : Talaqu : YäItyopya : Märi : Qä. Ha. Se. Ne. Nä., L'illustre dirigeant de l'Ethiopie, Qädamawi Haylä Sellassié, Roi des Rois (Negusä Nägäst) ::

Guidance ::

vendredi 6 février 2004

:: Berhane Sellassie Lidet ::

Le 6 février 1945, il y a 59 ans, est né Nesta Robert Marley.
Baptisé au sein de l'Eglise tewahedo (éthiopienne, unitaire), en novembre 1980, sous le nom de Berhanä Sellassé :
ብርሃነ ፡ ሥላሴ ።, Lumière de la Trinité, Il s'est révélé aux yeux des Rastas, et de ceux même de Babylone, comme un prophète, un homme qui porte la parole de JaH vers les hommes et femmes ignorant la divinité de Sa Majesté Haylä Sellassié Ier, Roi des Rois (Negusä Nägäst), Seigneur des Seigneurs (Guermawi), Lion conquérant de la tribu de Juda (Moa Anbässa zä'Emnägädä Yehuda), Elu de Dieu (Seyumä Egziabhér), Lumière du monde (Berhanä Aläm), Empereur d'Ethiopie (Negusä Nägäst zä'Ityopya).

Bob Marley vit toujours dans les coeur et les esprits grâce à la force de son message : Jah Marley live ! Sellassie l live ! Egziabhér yemmäsgän ::

Des caractères amhariques doivent apparaître sur cette page : plus d'infos ici

samedi 15 novembre 2003

What is Rasta livity about ?

De quoi parle Rasta ? Qu'enseigne Sa Majesté à ses enfants ?
I-man souhaite rappeler aux youth ce que c'est que de se dire rasta... on ne peut résumer cette livity (manière de vivre, de penser, de voir les choses) à la ganja et au reggae, seen ?
Rasta c'est tout d'abord le savoir : savoir que Sa Majesté Haile Sellassié I est l'incarnation de Jah sur terre, le Christ (du grec khristos, marqué par l'onction, choisi par Dieu) dans son caractère royal. Connaître les actes de Sa Majesté, qui a oeuvré pour la modernisation de l'Ethiopie (je développerai plus tard...) et la sécurité collective internationale par ses passages à la SDN (l'Ethiopie, premier pays africain à y entrer, en 1923) puis à l'ONU. Il a également oeuvré pour l'unité de l'Afrique, avec la création de l'OUA ; Il a dénoncé l'apartheid, le racisme dans le monde (chanson War de Jah Marley, tirée d'un discours de Sa Majesté à l'ONU).

Being rasta c'est aussi adopter une vision critique du monde, afin de dénoncer Babylon et ses vices, ses downpressor, ses vampaya qui exploitent les hommes et les femmes.
Rastafari n'est pas une tendance baba-cool, I&I ah Jah soldiers seen ? Sa Majesté elle-même a résisté aux envahisseurs fascistes en 1935, puis a dû renoncer devant l'emploi des gaz (l'ypérite, gaz moutarde) par l'aviation italienne. Les Alliés (Britanniques et Français) ont aidé à la reconquête de l'Ethiopie en 1941.
Dans notre démocratie un rasta ne peut pas se détourner de la vie de la cité, comme certains le prônent en prenant l'exemple jamaïcain. Mais la vie politique en JA est bien différente ; le bipartisme ne favorise pas la démocratie, seulement la corruption (du moins en JA et aux USA). I-man ne propose certainement pas d'adhérer à un quelconque parti politique, mais de rester au courant pour réfléchir et faire tourner nos idées, teach de youth dem ::

Sälamta ténayestellegn lärastawotch ::
ጤና ይስጥልኝ ለራስታዎች ።

Jah bless I&I

mardi 11 novembre 2003

:: Coronation night ::

La soirée du couronnement de Sa Majesté Hailé Sellassié I, le 2 novembre dernier (73 ans), a été grandiose à l'Elysée-Montmartre, en présence de Warrior King et des Abyssinians.
Leur show, précédé des Ras Ites, jeune groupe anglais, a mis le feu aux massive présents pour célébrer Sa Majesté : Warrior King a enchaîné les tunes de son album Virtuous Woman en commençant par Breath of Fresh Air qui résume l'effet qu'a eu Warrior King sur la scène Nu-Roots à son arrivée !
Tout habillé de blanc, bardé de badges à l'effigie du Rastafari, le jeune DJ (23-24 ans), accompagné sur scène d'un youth qui n'a cessé d'agiter un drapeau red gold & green, s'est montré très righteous dans ses textes et a rendu hommage à la femme sur Empress so divine.

The Abyssinians, groupe d'elders, ont eux aussi déchiré, bien plus qu'un précédent concert auquel j'avais assisté au Zénith. Très en forme dans leur jeu de scène, ils ont débuté avec Declaration of Rights, un titre d'anthologie et ont su capter les massive jusqu'à la fin : rappel pour Satta Amassagana et hymne nyahbinghi en l'honneur de Sa Majesté impériale Hailé Sellassié I avec les Abyssinians aux percu en personne seen !
Un grand moment de reggae music, dans une atmosphère voluptueuse (make it bun !) et righteous :: Come again !

Dehna wallu ::

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