Conscience RasTa

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Le front du baobab a beau toucher le ciel, il n'oublie pas que seules ses racines le tiennent au sol. Proverbe Pygmé (Centrafrique)

lundi 1 novembre 2004

:: 74e anniversaire du couronnement de Leurs Majestés ::

Le 2 novembre est une date importante dans le calendrier rastafari car c'est à cette date qu'a eu lieu le couronnement, à Addis Abeba, de Sa Majesté Hayle Sellassié, ainsi que de l'Impératrice Mennen (mariée à Tafari Makonnen depuis le 31 juillet 1911).
Cependant, l'Empereur avait acquis ce titre de negusä nägäst (ንጉሠ ነገሥት, Roi des Rois) dès le 3 avril 1930, au lendemain de la mort de l'Impératrice Zaoditou (Zäwditu), une fille de Ménélik II (mort en 1913) qui régnait depuis le 2 octobre 1916, avec, à ses côtés Tafari Makonnen, nouvellement ras, Régent et Prince héritier de l'Empire.
Deux ans avant son couronnement, Tafari avait acquis le titre de negus (ንጉሥ) de Gondar le 7 octobre 1928, ce qui avait fait de lui le personnage le plus important de l'Empire après la Reine des Rois, au détriment des vieux aristocrates de l'époque de Ménélik, opposés à la modernisation du pays.
Sept mois furent nécessaires à la préparation de l'événement le plus marquant de l'histoire éthiopienne (Paul Henze, 2004, p. 206), période pendant laquelle Addis Abeba connut de grands travaux de nettoyage et de peinture ; le monde entier, notamment les "partenaires" de la SDN, fut convié à cette cérémonie : le maréchal Franchet d'Espérey pour la France, le Duc de Gloucester pour le Royaume-Uni (fils du roi George V), le Prince d'Udine pour l'Italie (petit-neveu du roi Victor-Emmanuel), des représentants américains, japonais, hollandais, belges, suédois, égyptiens, allemands, turcs, grecs et polonais répondirent à l'appel.
Lors d'un cérémonial très bien préparé, Haylä Sellassié fut couronné dans la cathédrale Saint-Georges d'Addis :

Après que le psaume qu'avait choisi l'empereur (psaume 122) eut été chanté, l'abouna [chef de l'Eglise éthiopienne], sortant de l'enceinte fermée où dans les églises [tewahedo] se trouve l'autel, apparut, tenant l'Evangile relié aux plaques d'or et dit en s'adressant à l'assistance : "O princes de la maison royale, conseillers du souverain, ô nobles d'Ethiopie, seigneurs de l'Eglise, maîtres, savants et prêtres saints, voici devant vous l'humble serviteur du Très Haut, Hayle Sellassié, de la lignée de Ménilek [Ménélik], fils du roi Salomon et de la reine Makéda, lignée glorieuse des rois puissants et justes qui s'est perpétuée jusqu'à nos jours sans défaillance. C'est à lui que vous devez respect et obéissance, dans vos coeurs, autant que dans vos faits et gestes... !"

(tiré de Pétridès cité par Juniac, p. 104)

Roi des rois d'Ethiopie (negusä nägäst zä'Ityopya, ንጉሠ ነገሥት ዘኢትዮጵያ), Seigneur des Seigneurs (guermawi), Lion conquérant de la tribu de Juda (moa anbässa zä'imnäguädä yehuda, ሞአ አንበሣ ዘእምነገደ ይሁዳ), et Elu de Dieu (Seyumä Egziabhér, ሥዩመ እግዚአብሔር), Qädamawi Haylä Sellassé (ቀዳማዊ ኃይለ ሥላሴ, le premier) était aussi défenseur de la foi et de l'Eglise éthiopienne. Le serment qu'il prononça marqua une nouveauté : en effet il jura de maintenir les lois qu'il aurait promulguées "après les avoir soumises, de son plein gré, au Conseil, pour avis", preuve d'un arbitraire moins grand dans l'exercice du pouvoir.
Ceci fut confirmé par la promulgation, le 2 novembre 1931, de la première constitution éthiopienne, créant deux assemblées de notables qui avaient pour rôle de discuter les lois avant leur promulgation par l'Empereur. Ce texte n'instaurait pas un régime représentatif de la population, démocratique, mais constituait un premier jalon. Sa Majesté voulait que le peuple apprenne ce qu'est le régime représentatif, "afin qu'il puisse un jour en arriver à prendre part au gouvernement du pays". "Ce jour, je le sais, dit-il alors, est encore loin".
Car le peuple éthiopien est, à cette époque, majoritairement rural et analphabète. Aussi un des buts essentiels d'Hayle Sellassié était-il de "favoriser la création d'écoles dans lesquelles seraient données un enseignement séculier et spirituel, et dans lesquelles l'Evangile serait enseigné" (paroles prononcées lors du serment du couronnement).
Une autre innovation résidait dans le fait que l'Impératrice Mennen (እቴጌ መነን), "Queen Omega", fut couronnée à la fin de la cérémonie religieuse, dans la cathédrale Qeddus Guiyorguis (Saint-Georges), où elle reçut la bague de diamants des souveraines.
Mengesteh temtta, Janhoy :: መንግሥትህ ትምጣ ፣ ጃንሆይ
Que ton royaume vienne, ô Majesté !

Qedamawi Hayle Sellassié enna Etégué Mennen yemmäsgän :: Let give thanks to Haile Sellassie I and Empress Mennen !

Ouvrages francophones évoquant le sujet :
Gontran de Juniac, Le dernier Roi des Rois. L'Ethiopie de Haïlé Sélassié, Paris, L'Harmattan, 1994 (1ère éd. 1979), p. 102-105
Paul Henze, Histoire de l'Ethiopie, Paris, éditions Moulins du Pont/Les Nouvelles d'Addis, 2004, p. 206-207
Pétridès, Le Livre d'or de la dynastie salomonienne, Plon, 1964 (ouvrage rare)

Des caractères amhariques doivent apparaître sur cette page : plus d'infos ici

vendredi 22 octobre 2004

:: YeAmarigna Témari Biétu : L'école d'amharique ::

En collaboration avec le site JAHSound.net (si tu savais pas maintenant tu sais ! dedicace à la team zerout), I-man Jah Sensie a mis en ligne un cours d'initiation à la langue amharique qui vise tout d'abord à apprendre et comprendre le fidäl, l'alphabet éthiopien.
N'hésitez pas à passer Idren, et à participer !!!

Education is the key

Jah bless ::

:: Addis zéna : les Nouvelles d'Addis ::

Que vous cherchiez les dernières nouvelles d'Afrique de l'Est, un resto éthiopien à Paris ou un CD de musique éthiopienne (série Ethiopiques) le site des Nouvelles d'Addis va grave vous servir Idren !
Les Nouvelles d'Addis est un journal sur l'Ethiopie et la Corne de l'Afrique en langue française (qui paraît en France) évoquant l'actualité, mais aussi le passé (cf couverture ci-contre) à travers des articles toujours documentés.
A lire notamment le récit du voyage à Shashemene de Giulia Bonacci, historienne rasta qui travaille sur le "retour des Rastafaris en Afrique".

Brand New : un dictionnaire amharique-français, le premier depuis 80 ans environ ! Un outil très utile pour ceux qui souhaitent apprendre l'amharique, et moins cher qu'un Larousse ! Un historien éthiopien, auteur d'une Histoire de l'Ethiopie en français, Berhanou Abebe, retrace l'histoire des liens entre français et amharique et nous apprend que Sa Majesté, qui était francophone, avait souhaité que le Larousse soit traduit en amharique afin d'en enrichir le vocabulaire ! Le projet ne connut que peu de suite mais cela montre l'importance du dictionnaire qui sort aujourd'hui !

La photo ci-contre montre Ras Tafari Makonnen aux Jeux Olympiques de Paris en 1924, au stade de Colombes (92), année où il visita Marseille (c'est là qu'il a débarqué le 15 mai 1924), Paris, Fontainebleau, Versailles, Londres, Rome, Bruxelles, Luxembourg... le tout en quatre mois. Des photos de sa visite sont à voir sur ce site.

Guidance : Jah bless RasTa people ::

samedi 14 août 2004

:: Ethiopia tikdem ::

Avec l'ouverture des JO d'Athènes, I-man proclame mon soutien indéfectible aux sportifs éthiopiens notamment Hayle Gebresellassie et Kenenissa Bekele qui ont de sérieuses chances de médailles sur 10000 m et 5000 m.
En regardant la cérémonie d'ouverture hier j'ai pu entendre avec allégresse le nom de Sa Majesté, le négus, à l'antenne de F2 lors du défilé de la délégation éthiopienne.
Sur la délégation éthiopienne à Athènes 2004, deh ya ::

Jah Janhoy ah rule di Earth !!! Sellassie I bless InI ::

mardi 18 mai 2004

:: Jah Jah still bless ::

Pour n'oublier personne (quoique) I-man souhaite citer aussi Médecins du Monde et Action contre la faim, ONG qui agissent elles aussi en Ethiopie. MDM notamment est présente à Adwa, haut lieu dans l'histoire du pays puisque c'est là que les troupes de Degmawi Ménilek (Ménélik II), sous le commandement de Ras Makonnen, père de Sa Majesté, ont battu les Italiens, le 1er mars 1896.

Faire un don pour MDM ou ACF ::

Jah donne et Jah reprend, so soyez pas radin, seen ?!

Cliché N. Fruch : give thanks ::

Sälamta téna yestellegn :: ሰላምታ ጤና ይስጥልኝ ።

Des caractères amhariques doivent apparaître sur cette page : plus d'infos ici

jeudi 4 mars 2004

:: Aksum ::

La ville d'Axoum (Aksum serait plus juste pour retranscrire l'amharique), dans le nord de l'Ethiopie, fonde beaucoup d'espoirs sur le prochain retour de l'obélisque volé en 1937 par l'Italie mussolinienne, et que Rome a enfin accepté de restituer, pour développer son secteur touristique et sortir ses habitants de la misère. On y est toutefois conscient que les tensions persistantes entre l'Ethiopie et l'Erythrée, dont la frontière n'est qu'à un peu plus de 100 kilomètres, sont un obstacle majeur à l'afflux des visiteurs. A Rome, devant le siège de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), l'obélisque, stèle funéraire haute de 24 mètres et pesant quelque 160 tonnes, a déjà été tronçonné. Mais le transport, prévu par avion, pose de gros problèmes techniques, et a pris du retard. On l'attendait initialement à Axoum pour janvier. J'espère que cela va augmenter le nombre de touristes étrangers et éthiopiens et générer revenus et emplois supplémentaires, explique l'administrateur adjoint de la zone d'Axoum, Berhane Hailu.
Dans cette ville de quelque 40.000 habitants, sur des plateaux brûlés par le soleil, le tourisme et l'agriculture de subsistance constituent les principales ressources. Chaque année, quelque 5.000 touristes, essentiellement européens, viennent visiter les vestiges de la civilisation d'Axoum qui, du IIIème siècle avant Jésus-Christ au VIIIème siècle, a rayonné sur la région, entretenant des relations avec les plus grandes puissances de son temps. Je ne suis pas en train de dire que l'obélisque va résoudre tous les problèmes. C'est une partie de la solution mais pas la solution, tempère M.Berhane. La guerre meurtrière entre Ethiopie et Erythrée, entre 1998 et 2000, avait complètement anesthésié le secteur touristique, rappelle-t-il. Et il est encore difficile d'attirer les investissements étrangers tant que ces tensions ne se sont pas apaisées, admet-il encore. Les autorités éthiopiennes comme la Banque mondiale sont toutefois prêtes à développer les infrastructures afin d'attirer les visiteurs et fournir des emplois à la population, assure Fisseha Zibelo, responsable de la Commission touristique d'Axoum. La rénovation du site actuel, où s'élève notamment un obélisque quasi-identique à celui de Rome, et la création d'un vaste atelier d'artisanat sont prioritaires, depuis que le gouvernement italien de Silvio Berlusconi a donné son feu vert en 2002 à la restitution du trophée mussolinien. Et M. Fisseha ne veut surtout pas entendre dire que le monument sera moins bien protégé que dans la capitale italienne. J'ai été à Rome et j'ai vu qu'il avait été endommagé par la pollution, et en 2002 par la foudre, témoigne-t-il. Nous avons ici le même obélisque, nous savons comment nous en occuper, insiste-t-il. A Axoum, en effet, les monuments sont dans un état de conservation étonnant, en raison notamment de l'absence de pollution et d'un climat sec. Dans la vieille ville, dans la cour d'une maison, entouré de turbulents enfants en guenilles, un groupe de femmes pile des épices et du blé pour préparer l'ingera, la galette constituant le plat de subsistance de la majorité des Ethiopiens. Pour elles aussi, le retour de l'obélisque est une bonne nouvelle. C'est bien. Plus de touristes viendront. Et nous pourrons vendre notre production aux restaurants, se félicite Hadas Gebre Zgabire, 70 ans, entourée de ses ouvrières. Megash Matewos, 18 ans, uniforme bleu et sandales, revient de l'école. On pourra faire des cadeaux pour les touristes, assure-t-il. Mais son rêve, confie-t-il, n'est pas de vendre des babioles aux étrangers. Il veut devenir professeur ou médecin. Avec ou sans obélisque.

Dépêche AFP du 27 février 2004 ::

mardi 10 février 2004

:: Selamta.net ::

Tena yistillign :
Voici un lien très riche sur l'Ethiopie où l'on trouve beaucoup de choses utiles : polices amhariques (pour Windows, MSN, etc.), photos, histoire de l'Arche d'Alliance (et de Makeda), et la Bible en amarique au format pdf ! Une trouvaille de génie pour ceux qui n'ont pas la version papier (elle se trouve pourtant à Paris, Maison de la Bible, bld St-Michel).
Des pages sur la cuisine (recettes), le café (Moka Sidamo, il est un peu plus cher mais, pour ceux qui kiffent, it comes from Zion...), le calendrier éthiopien (on est en 1996), etc.

Stay tuned in Rasta Kulcha blog !
Sellassie I bless I&I ::

lundi 27 octobre 2003

Amarigna le Rastawotch part II

syllabaire amharique

Revenons sur l'amharique (amaregna), langue ô combien belle mais compliquée à apprendre et à parler. L'alphabet, fidäl, est composé de 231 phonèmes (symbole représentant un son) de base. Il en existe encore quelques-uns que je n'évoquerai pas tout de suite, ne les connaissant pas encore moi-même !
Le problème c'est de mémoriser et de faire les sons correctement : certains sont inexistants en français ou dans toute autre langue européenne ; on retrouve quelques sons communs avec l'arabe.
Il existe 34 consonnes qui se décline chacune selon 7 ordres de voyelle (34 x 7 = 231, cqfd) : voyez le tableau à côté, qui a le mérite de retranscrire les sons.

ቻው ! (à plus, ça vient de l'italien, l'Ethiopie ayant été occupée entre 1935 et 1941).

dimanche 26 octobre 2003

:: Amarigna le Rastawotch ::

I-man Jah Sensie vient pour promotionner la culture rasta, le reggae music et le dancehall music, all carribean music yunno ! mais aussi pour faire découvrir à ceux qui n'en auraient pas eu l'occasion, l'Ethiopie, terre de Sa Majesté Hailé Sélassié Ier, Zion I ::

አማርኛ ፡ ለራስታዎች signifie L'amharique pour les Rastas ::

L'amharique, ou አማርኛ, est la langue officielle de l'Ethiopie, qui en compte beaucoup d'autres, et celle que parlait Sa Majesté. Je viens pour promotionner son apprentissage, et tout d'abord pour faire découvrir cette langue pluriséculaire, de la même famille que l'arabe et l'hébreu, aux bredreen et aux sistreen Rasta, mais aussi à toute autre personne curieuse yunno !
Pour apprendre à lire, compter, s'initier à l'amharique : Conscience Rasta : Amharique ::

Jah bless ::

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