Conscience RasTa

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Notre pouvoir scientifique a dépassé notre pouvoir spirituel. Nous savons guider des missiles mais nous détournons l'homme de sa voie. Martin Luther King

jeudi 26 octobre 2006

:: Salon Livres d'Afrique ::

Salon Livres d'Afrique

Samedi 28 octobre est organisé au siège de l'Unesco à Paris le salon Livres d'Afrique
Au programme : "des expositions, des cafés littéraires et des conférences" qui "permettront de découvrir l’histoire, les thèmes et les auteurs africains". Egalement, pour les youth (et les plus vieux !), des ateliers conteurs et BD.
Extrait du dossier de presse :
Binda Ngazolo présentera un spectacle de 60 minutes dans une démarche qui présentera la richesse des longues nuits de veillée africaines rythmées par le conte, principal outil de transmission des traditions et coutumes en Afrique avant la colonisation

Cliquez ici pour télécharger le programme complet du salon (PDF)

A lire : Interview de Jean-Paul Mvogo, président de Livres d’Afrique, sur le site Afrikara.com

dimanche 8 octobre 2006

:: De Sarko à Poutine : vive les démon-craties ! ::

Le grand démocrateVladimir Poutine s'adonne en ce moment même à une chasse aux écoliers géorgiens de Moscou, en représailles contre le régime de Tbilissi dont le gouvernement avait eu l'audace d'arrêter des espions russes présents sur son territoire... S'agissant du régime de Mr Poutine, je ne peux pas me dire que cela me surprenne... en revanche, si l'on fait le parallèle avec la situation créée par le ministre de l'Intérieur français, ça devient vraiment intéressant : comment expliquer que deux régimes soi-disant si opposés dans leur nature et dans leur fonctionnement en viennent à employer les mêmes méthodes de chasse à l'enfant, de stigmatisation de supposés "ennemis de l"intérieur" dont la traque était si chère au régime de Vichy il y a près de 60 ans ?
Pierre Bourdieu, éminent sociologue, à lire et à relire, parlait, à propos des médias, de leur propension à toujours attirer l'attention sur le fait divers qui fait diversion : pointer du doigt les affaires judiciaires, les inondations annuelles, et autres événements omniprésents, récurrents dans l'histoire des hommes cela permet d'éluder les débats de fond, les sujets complexes mais qui engagent l'avenir d'une société toute entière.
soutien Cachan Ainsi, pour faire sa rentrée médiatique, Sarko avait choisi de s'attaquer à un "squat", majoritairement peuplé de personnes ayant des papiers mais dont les demandes de logement n'avaient pas abouties, faute de places dans les logements sociaux. Il était soucieux, bien sûr, de les protéger d'un risque d'incendie tel que les habitants de la rue Vincent Auriol l'avait vécu en septembre 2005. Expulsion en fanfare, lâchage des familles en pleine ville de Cachan, violences policières, tout était fait pour satisfaire le besoin populiste de voir des étrangers souffrir et payer pour leurs méfaits (puisqu'ils sont la cause de tous les malheurs de la France, ok ?). Mais voilà : des élus, des citoyens et citoyennes, connus ou non, des militants se sont engagés dans un combat contre l'Etat sarkozyste afin d'obtenir le relogement des familles expulsées. Malgré quelques bâtons dans les roues (grâce au préfet du Val-de-Marne dont le supérieur n'est autre que vous savez qui), malgré la pernicieuse campagne de certains médias évoquant une "surenchère" des "squatteurs de Cachan", ce combat a réussi. Les familles ne sont pas encore toutes relogées (voir le dossier du Nouvel Obs) mais l'association France Terre d'Asile a su se poser comme interlocuteur efficace face à l'Etat qui n'assure plus de rôle de protecteur, mais bien celui de prédateur.

mardi 22 août 2006

:: Afrique 1950 ::

Documentaire de René Vautier, cinéaste engagé, sur l'Afrique en 1949-50. Une vision quelque peu discordante pour l'époque, qui rejoint les récits d'André Gide (Voyage au Congo, Retour du Tchad) vingt ans auparavant, et les dénonciations des premiers mouvements nationalistes africains.
De fait, les grandes compagnies coloniales d'hier sont les multinationales d'aujourd'hui (exemple flagrant : Unilever). Et elles continuent de piller l'Afrique.

Extrait du site de Mael Lehir :

En 1949, la Ligue de l'enseignement propose à René Vautier de réaliser un film montrant "comment vivent les villageois d'Afrique occidentale française". Ce film est destiné à être montrer aux élèves des collèges et lycées de France. En accompagnant une équipe de routiers éclaireurs de France, il doit ramener des images sur la réalité africaine, puis en faire un montage. Vautier arrive donc en Afrique à 21 ans, sans idées préconçues. Cependant, de son périple africain, sortira le premier film anticolonialiste français.

Sur le sol africain, Vautier est accompagné par le gouverneur. Ce-dernier tend à conseiller à Vautier de filmer les ananas du jardin de l'Office du Niger, alors que le documentariste était plus intéressé par les galériens noirs qui manoeuvraient à bras les vannes d'une écluse d'un barrage qui alimentait en électricité les maisons des blancs, mais pas le barrage : les Nègres coûtent moins cher... Vautier est révolté par le vrai visage du pouvoir colonial. Pendant près d'un an, en partie accompagné par Raymond Vogel, il parcourt le Mali, la Haute Volta, la Côte d'Ivoire, le Ghana, le Burkina Faso. Et il filme, grâce aux Africains qui le protègent. De nombreuses péripéties marquent le tournage.

Les bobines sont ramenées par petits bouts, par des amis africains qui rentrent en France. De retour en métropole, Vautier les amènent à la Ligue de l'Enseignement, mais la police est là pour saisir les négatifs. Le Ministère de l'Intérieur les développe. Alors qu'il doit reconnaître avoir filmé chaque bobine, Vautier arrive à subtiliser 21 bobines (sur 60) en présence de policiers. Vautier fait le montage, puis la sonorisation en direct lors de la projection du film, en face du bureau du policier chargé de le saisir !

Pour lire la suite...

vendredi 28 juillet 2006

:: Aimons Césaire ::

pétition soutien Césaire

jeudi 20 juillet 2006

:: Cessez-le-feu ::



Des images choquantes, prises à Beyrouth récemment ==> http://fromisraeltolebanon.info/

Save the Lebanese Civilians Petition

Blog Pour que le Liban vive !

vendredi 30 juin 2006

:: Manif anti loi Sarko ::

manifestation Bastille 1er juillet

:: Le sanctuaire France ::

expo coloniale de Marseille
Pavillon de l'AOF à l'exposition coloniale de Marseille en 1924.

Aminata Traoré, comme d'autres, expriment depuis plusieurs mois, et en particulier ces jours-ci, sa colère. Dans une tribune du journal L'Humanité (30 juin 2006), elle met en évidence le paradoxe qui existe aujourd'hui dans les pays riches, au premier rang desquels la France.
En effet, alors que la classe politique (Chirac en tête) se félicite de l'ouverture du musée du Quai Branly (qui possède beaucoup d'objets éthiopiens - près de 3400 - dont deux médailles remises par Tafari à un représentant français à Addis dans les années 1920, Maurice de Coppet), accueillant des objets d'art de tous les continents autres que l'Europe, le Parlement a voté en mai dernier une loi remettant profondément en cause les droits de l'Homme dans ce pays (voir mon article précédent). Cette loi interdit aux héritiers mêmes de ce patrimoine culturel et artistique d'y avoir accès... pour cause d'immigration choisie, selon la formule de Sarkozy.

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jeudi 6 avril 2006

:: Retour à La Nouvelle-Orléans ::

Il en avait foutu un beau bordel, Kanye West, en prononçant ces mots en live sur la côte est ; pas folle, la chaîne NBC l'avait ensuite censuré à l'heure de diffusion sur la côte ouest ! Bush le cyclone, écrit par Michel Collon, est une xecellente synthèse de l'échec meurtrier de la (non-)gestion de l'événement par le pouvoir politique. Il met en évidence les causes de la catastrophe occasionnée par l'ouragan Katrina, et montre comment la logique économique ultralibérale a amené l'administration américaine à négliger totalement les risques encourus par des populations pauvres, et noirs en majorité pour ne rien arranger. La Garde nationale, composée de citoyens lambda volontaires, dont le rôle est de secourir les civils en cas de catastrophe, d'attentat, etc. n'étaient plus là mais... en Irak, en train de servir la cause des grandes multinationales américaines, dont les patrons sont des copains du président...
Pire, l'auteur montre le dénigrement et la criminalisation organisée de la population de la ville par l'intermédiaire des médias américains : d'abord traités d'idiots pour ne pas avoir eu le temps de s'enfuir de la ville, faute de véhicule et surtout de secours organisés, les survivants furent ensuite traités de "pillards". On se souvient des commentaires de journalistes stigmatisant des hommes et des femmes, ayant de l'eau jusqu'au cou, avec de la nourriture, ou de l'eau potable dans les mains qu'ils avaient pu récupérer dans un magasin, eh oui sans payer ! Des pillards, des voleurs annonçaient-ils à l'antenne, devant des millions d'Américains, qui ignoraient qu'au moment de la catastrophe leur président jouait de la guitare avec de généreux donateurs en Californie !
Stigmatiser le faible, pour éluder la responsabilité du puissant. Belle stratégie. L'auteur décrit également le champ de bataille qu'est devenu la ville au moment de l'arrivée de... l'armée américaine, accompagnée de milices privées (si si, comme en Irak) et d'une police suréquipée, chargées non pas de secourir la population mais de sécuriser les lieux publics, de défendre les biens au détriment de la survie des personnes... Voilà l'Etat ultralibéral, réduit au simple rôle pénal et carcéral, ayant la charge de sécuriser un territoire au sein duquel les sociétés privées pourront embaucher, débaucher, vendre à loisir, et où les plus riches pourront également vivre dans leurs quartiers bien sécurisés... loin de la plèbe fangieuse, des prolétaires de plus en pauvres, donc de moins en moins attirants en termes de marché.

I-man brûle ça ::

samedi 1 avril 2006

:: Chirac ::

Chirac a parlé :


Problème : il parle un langage de propagande du quotidien, la LQR ou Lingua Quintae Respublicae, qui tourne autour des valeurs de la république, du rassemblement, de la lutte contre les rigidités de l'économie, etc. Ou comment parler pour ne rien dire, au fond.
Un écrivain, Eric Hazan, a mis en évidence ce langage passe-partout, qui contribue à brouiller les pistes...
A écouter in extenso sur le site de Là-bas si j'y suis.

jeudi 30 mars 2006

:: Contre l'immigration jetable ::

L'offensive réac continue sur la France avec la loi Sarkozy sur l'immigration : piller les énergies des pays du Sud, voilà ce que la France "terre d'accueil" (le mythe !) est prête à faire pour contribuer au développement humain. L'immigration choisie, bel euphémisme. Putain d'hypocrisie.

Le collectif [Uni(e)s contre l'immigration jetable] a lancé une pétition à signer d'urgence pour contrer cette loi insupportable.

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samedi 5 novembre 2005

:: De la banlieue de Paris à la banlieue d'Addis-Abeba ::

Merci M. Sarkozy, pompier pyromane, venu en sauveur des banlieusards, tel un Sharon sur l'esplanade des Mosquées/mont du Temple, assaillis par la racaille (vous en avez marre, hein ? oh oui, disparaissez M. le Ministre).
Les émeutes qui touchent quelques villes de Seine Saint-Denis (et d'autres depuis 2-3 nuits), dont celle dans laquelle j'enseigne, font parler, et pas seulement en France. Aux Amériques, pays de haute civilisation, à un sondage de CNN sur la manière dont le gouvernement devrait gérer la crise près de deux tiers des sondés répondent qu'il faut donner la troupe, comme au bon vieux temps où les patrons secondés par les préfets de la République avaient recours à l'armée qui tirait sur les ouvriers grévistes, femmes et enfants compris. 30 % préconisent d'imposer un couvre-feu (this morning, I woke up in a curfew, oh Lord...).

Ces méthodes, bien connues du peupe américain, et de ses dirigeants (qui sévissent aussi ailleurs que dans leur pays), sont mises en oeuvre en ce moment même à Addis-Abeba , et dans d'autres grandes villes éthiopiennes (Dessié, Baher Dar, Awassa, Gondar, Deré Dawa) : les forces spéciales (yadig), avec l'approbation du premier ministre Mélès Zénawi, parcourent les rues non pour maintenir l'ordre mais bien pour pacifier, nettoyer, karchériser diraient certains dans nos belles contrées franciliennes. 40 personnes sont mortes, au bas mot, dans ce contexte. Ce qui a déclenché cette flambée de violence ? Des manifestations d'étudiants à l'appel d'un parti de l'opposition au gouvernement (CUD). Une amie appelant à Addis pouvait entendre au téléphone des tirs sporadiques. Effrayant, sachant combien la ville et ses habitants peuvent être gais et sereins.
Après les événements de juin dernier qui avaient déjà secoués la capitale (voir article et photos sur le site des Nouvelles d'Addis) en raison de résultats électoraux contestables, ce regain de violence gouvernementale ne présage rien de bon pour les Ethiopiens et l'économie du pays (le tourisme en prend un coup...).

Message d'une soeur habitant Addis-Abeba : priez pour l'Ethiopie et les Ethiopiens, que Jah Rastafari guide et protège son peuple.

Dernières nouvelles sur la situation en Ethiopie :

Angola Press (5/11)
Grioo.com : la police a paniqué selon Mélès... surtout que les policiers en question n'en sont pas, il s'agit de forces spéciales du gouvernement, pas de simples flics...

Blog d'une Française résidant à Addis : des témoignages à lire (#1 et # 2)

La situation à la frontière Ethiopie-Erythrée se dégrade, Issayas voulant peut-être profiter des tumultes que rencontre son voisin éthiopien : déclaration à l'ONU (3/11/2005)
point de presse ONU (7/11/2005)...
et en France :
AFP
CNN

Tiré de Independant Media Center (7/11/2005) :

Pendant que je te parle, beaucoup de gens sont détenus et des gens sont tués. J'ai vu des forces spéciales en train de donner des coups de pied à des étudiants, des piétons, etc... dit une employée éthiopienne d'une organisation non gouvernementale internationale dont l'identité est gardée secrète pour sa protection. Selon les témoignages provenant d'Addis Ababa, la capitale éthiopienne, la violence a jailli mardi 1er novembre après cinq mois de calme. En mai 2005, l'Ethiopie a ses deuxièmes élections multipartis. La plupart des éthiopiens pensent que l'opposition remporte le scrutin malgré l'affirmation du Front révolutionnaire démocratique du peuple éthiopien (Ethiopian Peoples Revolutionary Democratic Front, EPRDF) du premier ministre Meles Zenawi qu'il obtient une majorité des voix. Le mois de juin est sanglant à Addis Ababa, avec 42 estimés morts, et des centaines, surtout des étudiants et des jeunes, battues et harcelées. Selon la BBC, le parti de l'opposition, la Coalition pour l'union et la démocratie (Coalition for Unity and Democracy, CUD) mène un boycott contre le gouvernement et manifeste le lundi 31 octobre. Le lendemain les leaders du CUD sont arrêtés. En réponse, il y a des manifestations dans la capitale et des heurts violents entre la population et les forces de l'ordre. Selon Ethiomedia.com, mercredi cinq personnes sont tués lors d'une tentative de sauvetage du chef de la CUD, Birtukan Mideksa. Le nombre de mort depuis le 1er novembre est estimé à 41. Selon les reportages et les témoignages, la plus grande concentration de violence est dans le quartier de Mercato dans le centre-ville. Les témoins décrivent des scènes d'horreur avec les forces spéciales tirant à feu libre sur les civils, y compris ceux qui viennent au secours des blessés. Des tirs sont entendus à travers la ville et sept tanks sont constatés à Filwoha. Par contre, Tigabu, un marchand à Mercato, dit que la police essaie de maintenir l'ordre, empêchant des gangs de piller les magasins. Il y a aussi des rapports de l'incitation à la violence ethnique. L'Ethiopie compte 80 groupes différents sur son territoire. La classe régnante, par contre, est surtout tigrienne. Des allusions sont faites au Rwanda. Mais sur Nazret.com, ce raisonnement est rejeté. Les bloggers voient la haine ethnique comme une tactique du gouvernement pour se légitimer et manipuler le public. Aucun journal n'est publié le mercredi 2 novembre et il semblerait que des journalistes locaux et internationaux sont harcelés. Particulièrement, ils sont découragés de se rendre à l'hôpital pour voir les morts et les blessés. La police cible aussi les groupes de jeunes, probablement parce qu'ils sont perçus comme des critiqueurs du gouvernement. Sur le blog du portail des nouvelles éthiopiennes Nazret.com, Netsanet dit qu'il y a encore un soutien important pour la CUD et que beaucoup de gens se tourne vers elle pour des directives. Malgré le chaos, les éthiopiens ordinaires appellent encore à la démocratie et à la liberté. Ils le font en chantant des chansons et en exprimant leur solidarité avec les leaders arrêtés de l'opposition. Plus tôt dans la semaine, cela s'est fait en klaxonnant, surtout les taxis. La CUD demande un boycott de tout les produits contrôlés et vendus par le EPRDF. Dans les blogs et courriels en provenance de l'Ethiopie, il y a un thème récurrent de désespoir. Les citoyens d'Addis Abeba se sentent oubliés par la communauté internationale. Ils souhaiteraient une intervention de l'Union africaine, ses Nations unies, ou d'autres forces internationales. Les bailleurs de fonds et la communauté internationale ont beaucoup aidé et soutenu le gouvernement actuel qui jusqu'au mois de mai était applaudi comme un gouvernement exemplaire en Afrique.

vendredi 2 septembre 2005

:: Hommage parisien à François-Xavier Verschave ::

Depuis le 29 juin 2005 dernier, François-Xavier Verschave n'est plus mais son combat continue, évidemment.
Théoricien de la Françafrique mafieuse, pourfendeur des dictateurs françafricains (Bongo, Eyadéma, Nguesso, etc.), cible des médias désinformateurs, Verschave est un spectateur avisé du monde contemporain et, heureusement, un grand écrivain qui a su transmettre ce qu'il avait constaté. Sa bibliographie est très riche et mérite qu'on s'y attarde, dès lors qu'on a l'envie de comprendre la réalité des rapports entre la France et les Etats anciennement colonisés, actuellement néocolonisés (le néocolonialisme, brièvement, est une forme économique cachée de domination d'un Etat par un autre). Son dernier opus, coréalisé avec Odile Tobner, qui fut mariée à Mongo Beti, grand écrivain camerounais (lire Africains si vous parliez, Paris, Ed. Homnisphères, 2005), et Boubacar Boris Diop, journaliste sénégalais, est un véritable phare dans l'obscurité médiatique actuelle qu'impose les médias sans que grand monde ne s'en rende compte...
Négrophobie, est une réponse au négrologue Stephen Smith, entré au service actif de la Françafrique vers le mois de juillet 1994, comme le démontre Verschave qui a fait une relecture exhaustive des écrits de Smith depuis son entrée au journal Libération dans les années 1980. Négationniste du génocide tutsi, auquel il oppose, comme les autorités françaises, un génocide hutu par l'armée rwandaise de Kagame, Smith a mené un journalisme de combat. Verschave démonte, de façon méthodique, transparente (il n'utilise pas de témoins anonymes auxquels il ferait dire ce qui l'arrange) les campagnes médiatiques systématiques qui ont visé à masquer la complicité française dans ce massacre organisé de la population Tutsi du Rwanda, pour le seul bénéfice du Hutu Power, allié de la France.
La fin de son article résume parfaitement ce qu'est la Françafrique ainsi que l'action qu'il a menée depuis 20 ans avec l'association Survie, elle-même attaquée par Smith, qui exerça également au journal Le Monde entre 2001 et 2004. Un ouvrage à lire donc pour continuer à réfléchir sur ce mal qui ronge nos sociétés.

Un hommage est prévu à Paris, le dimanche 18 septembre 2005, de 14h à 19h, Congrégation du Saint Esprit, 30, rue Lhomond, Paris (5ème arrondissement).

Extrait du site Survie-France :

François-Xavier nous a montré l'importance de la parole et de l'action collective. Nous évoquerons ensemble les moments de vie partagés avec lui et les espoirs que ses écrits ont éveillés, afin de continuer d'oeuvrer ensemble pour concrétiser ces espoirs.


:: JAH guide & protect ::

L'hommage rendu à Paris a été bien suivi ; y'avait peut-être une bonne centaine de personnes, militants de Survie ou sympathisants, comme moi. Le cadre était pour le moins étonnant : petite église baroque, archi doré, qui appartient à une communauté religieuse catholique agissant sur le continent africain notamment. Un hommage panafricain serait en préparation. Pour soutenir l'association Survie dans son combat contre la Françafrique, une solution : ADHERER.
La nouvelle présidente de Survie est Mme Odile Tobner, co-auteure de Négrophobie.

mercredi 30 mars 2005

:: Hotel Rwanda ::

Sortie en salles aujourd'hui d'un film abordant une sombre période de l'histoire de l'humanité : le génocide rwandais (7 avril - juillet 1994), dont il a déjà été question sur ce blog. A noter que c'est la première fiction sur ce sujet.

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lundi 23 août 2004

:: Rwanda ::

C'est (seulement) lors de la commémoration du début du génocide de cette année 2004 (6 avril 1994, qui marque l'assassinat du président hutu Habyarimana et le début de l'ethnocide par les Interahamwe emmenés par le Hutu Power, les élites hutu) que je me suis intéressé à la tragédie qui a secoué ce pays, puis entraîné toute l'Afrique centrale dans la guerre (Congo-Kinshasa, Burundi, Ouganda) notamment à partir de 1997.
Intrigué par les désaccords sur la responsabilité de la France dans cette histoire (les accusations de complicité émises par le président tutsi Kagamé, homme fort du FPR depuis plus de 10 ans) et l'incident diplomatique qui en découla, j'ai recherché quelques bouquins pouvant m'informer. Heureusement pour moi, j'ai d'abord lu un article d'un géographe paru dans la revue Hérodote (excellente revue, cf Tragédies africaines, éd. La Découverte, n° 111, 4e trimestre 2003) qui, loin des discours strictement politiques, m'a permis une vue d'ensemble, géopolitique, émanant d'un géographe parisien de renom : Roland Pourtier.

Mais là n'était pas le plus intéressant : les écrits de Jean Hatzfeld, journaliste que rien ne prédisposait à vivre l'expérience du Rwanda en crise (si ce n'est ses reportages en Bosnie, soumise à l'épuration ethnique un peu auparavant), permettent de dépasser les causes politiques (rejet des Tutsi depuis l'indépendance du pays), religieuses (soutien du Vatican au Hutu Power contre les Tutsi, cf Jean-Paul Gouteux), et d'appréhender l'expérience des victimes du génocide d'une part, dans son premier livre : Dans le nu de la vie. Récit des marais rwandais, Paris, éd. du Seuil, 2000 et des tueurs d'autre part avec : Une saison de machettes, Paris, éd. du Seuil, 2003.
Il nous fait part dans son premier livre de ses rencontres avec les rescapés, surtout des femmes, qui évoquent leur expérience, la fuite dans les marais (région du sud du Rwanda), la survie, la délivrance et la difficulté de vivre avec ce fardeau (avoir perdu tout ce qu'on aimait dans la vie, sa situation). Trois ans après ce travail, il a publié les récits des tueurs qui ont participé activement aux tueries (toujours dans la région de Nyamata), et ce pendant un mois environ (cela a pu duré plus longtemps ailleurs ds le pays) puis qui ont dû fuir au Congo, devant l'avancée des forces du FPR, tutsi (venant d'Ouganda). Etant finalement revenus au Rwanda (lors des massacres dans les camps de réfugiés hutus à partir de 1997) ils ont été arrêtés et jugés. Ainsi Hatzfeld les rencontre-t-il dans le pénitencier de Rilima où ils sont enfermés. Parmi eux, un est condamné à mort, à cause des fonctions d'interahamwe (ceux qui tuent ensemble) qu'il a exercées en 1994. Ces hommes livrent leur expérience, eux aussi, tout autre, évidemment, que celle des rescapés : ils évoquent la pression sociale exercée alors (les militaires, encadrants qui font pression pour que tout le monde participe aux tueries, la responsabilité étant dès lors diluée dans la masse des tueurs, issus du peuple) puis le train-train quotidien : poursuites des Tutsi en fuite dans les marais (avec machettes, lances, parfois armes à feu) entre 9h et 16h30 environ, puis pillages des biens de ceux que l'on a tués et soirée où l'on boit de l'urwagwa (alcool de banane)...
Outre ces témoignages parfois (souvent) très durs, Hatzfeld mène une réflexion sur le génocide, ses causes (improbables), son mécanisme, son efficacité... environ un million de morts en 3 mois. En le comparant à la Shoah (génocide des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale), il parvient à des conclusions convaincantes selon moi pour expliquer ce rendement inégalé : contrairement aux juifs d'Europe, vivant en milieu urbain, dans l'anonymat lié à cet espace, qu'il a a fallu dénombrer et stigmatiser (avec l'étoile jaune, dès 1935 en Allemagne, fin 1940 en France), les Tutsi et les Hutu vivaient côte à côte, en milieu rural, se connaissaient et se fréquentaient. Dès lors, dès le début, tous les Hutu savaient qui étaient tutsi d'autant plus qu'un système de carte d'identité ethnique (mentionnant l'ethnie donc) avait été instauré par les colons belges, et maintenu sous Habyarimana. D'où, semble-t-il, un gain de temps considérable pour poursuivre un objectif : l'extermination pure et simple des Tutsi, ces ennemis intimes. Mais voilà, malgré une préparation de longue haleine (les premiers massacres perpétrés contre des Tutsi remontent aux années 1950-60 mais ce génocide a été planifié, dès 1990 peut-être), les Hutu ont dû fuir le pays, devant l'avancée de l'armée de libération tutsi qui prit Kigali, la capitale, au début de juillet 1994 mais aussi poussés par les militaires hutu qui se servaient d'eux pour masquer leur fuite (2 millions de réfugiés vers le Congo). Les soldats du FPR purent sauver les quelques survivants (1 ou 2 sur 10 personnes).

J-P Gouteux, comme d'autres auteurs (également l'association Survie), affirment que la France est complice de cette fuite des tueurs via la fausse intervention humanitaire Turquoise enclenchée bien tardivement sous la houlette de l'ONU (complice aussi). Il est vrai que certains témoignages sont frappants : par exemple ce blindé onusien arrivant au dispensaire de Nyamata entre le 6 et le 11 avril pour chercher les religieuses européennes à qui l'on a dit qu'il faut les laisser entre eux... en parlant des Rwandais (qu'on n'a pas laissés entre eux au XX<sup>e</sup> siècle, puisqu'Allemands, Belges et Français s'y sont succédés, la France de façon clandestine via les réseaux françafricains mis en place au lendemain de la décolonisation visant à empêcher une réelle indépendance de l'Afrique ; sur la Françafrique, lire les ouvrages de François-Xavier Verschave). Les Etats-Unis de Clinton ne sont pas mis hors de cause évidemment...

Au-delà d'un imbroglio ethnique qui peut paraître compliqué au premier abord, le génocide qui a eu lieu au Rwanda il y a maintenant plus de 10 ans, est un véritable enjeu de mémoire. Pour les rescapés, la décennie écoulée a dû être bien difficle : l'exode puis les massacres de Hutu au Congo par l'armée rwandaise (tutsi après 1994 puisqu'ils ont pris le pouvoir), et le bouleversement qu'a connu ensuite le Zaïre de Mobutu (renversé par les militaires rwandais) devenu depuis la RDC, a donné des excuses aux Etats occidentaux pour nier sinon la réalité, du moins la gravité du génocide perpétré à l'encontre des Tutsi puisque Villepin déclarait il y a peu (début 2004) qu'il y a eu deux génocides : l'un contre les Tutsi (dont le nombre de morts est minimisé) et l'autre contre les Hutu, avec les massacres perpétrés dans les camps de réfugiés (réels mais de petite ampleur (40000 morts) si l'on compare avec les tueries d'avril-juillet 1994, 900 000 à 1 million de morts, voire plus selon certains), dont les médias occidentaux ont tous souligné l'horreur, en omettant le génocide tutsi... Depuis 1998, ces derniers (Libération mis à part) ont modifié leur vision des faits en reconnaissant la réalité du génocide. Pas la République française en tout cas (à l'époque Mitterrand et Balladur étaient aux affaires)...

Lisez les commentaires ! et commentez...

A lire sur le net pour plus d'infos :
Dossier sur les 10 ans du génocide @ Afrik.com
Interview de Jean Hatzfeld @ Afrik.com

Liens multiples : ressources sur le génocide au Rwanda.
Sur l'implication de la France dans le génocide.
Page très complète @ interdits.net
Sur les génocides @ Monde Diplomatique.

mardi 18 mai 2004

:: Jah Jah bless Africa ::

Jah oô Jah, Jah Jah bless Africa dit l'homme Nzela (RASpect) ::
Le paludisme continue à tuer grave dans les régions tropicales basses d'Afrique et il est urgent de réagir d'autant qu'un nouveau traitement, plus cher mais aussi bien plus efficace (il combine deux molécules, un peu dans l'esprit de la trithérapie contre le VIH), est apparu il y a peu. Di governments haffi react !

MSF a lancé une belle campagne de sensibilisation en France : n'hésitez pas à donner ! C'est possible à partir de 5 euros par mois environ ou selon ses moyens yunno :: Ethiopia is concerned !

Une pensée en particulier pour mon bredreen, Issa Diakite, qui sait de quoi je parle (bien mieux même !) au Mali : blessed love bredda ::

Let Jah bless Ifrica ! Zion I ::

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