Haut de 23,4 mètres, l’Obélisque qui pèse 152 tonnes a été inscrit en 1980 sur la liste du patrimoine mondial. Il se trouvait à Rome depuis 1937, enlevé par les Italiens lors de l’invasion de l’Ethiopie.

Le 18 novembre 2004, les gouvernements éthiopien et italien ont signé un accord sur le retour de l’Obélisque d’Axoum en vertu de la Convention relative à la protection du patrimoine mondial culturel et naturel.

L’Italie a pris en charge le coût du retour de l’Obélisque à son site originel, pour un budget total estimé à 4,78 millions de dollars américains. L’Institut italien de restauration prendra part aux travaux de réinstallation de l’obélisque et se chargera de la formation des restaurateurs éthiopiens.
Source : Afrik.com

Une dépêche AFP plus complète (via Le Monde)

L'obélisque d'Axoum, une stèle géante datée du IIIème-IVème siècle après J.-C. et emmenée par les troupes mussoliniennes dans les années 1930, va être réinstallé à partir du 4 juin à son emplacement d'origine dans le nord de l'Ethiopie par l'Unesco et l'Italie, a annoncé l'Unesco jeudi.

"C'est une opération qui est sous le signe de la paix", a expliqué le directeur du centre du patrimoine mondial de l'Unesco Francesco Bandarin, lors d'une conférence de presse, soulignant que ce monument funéraire était d'une "importance majeure pour l'Ethiopie et pour l'Italie".

L'Italie, qui a rendu en 2005 à l'Ethiopie ce monument hautement symbolique, a pris en charge le budget total de l'opération de près de 5 milliards de dollars (environ 3,18 mds d'euros).

Cette stèle géante en granit, haute de 23,4 mètres et pesant 152 tonnes, "est un symbole de l'identité éthiopienne. Nous disons +hawult+ ce qui veut dire que c'est un monument éternel", a souligné pour sa part l'ambassadrice d'Ethiopie en France Tadelech Haile Michael, présente dans la salle.

"Les relations avec le gouvernement italien sont très bonnes mais cette opération a permis de combler le vide qui existait entre les deux pays", a-t-elle ajouté.

Elle a rappelé que le retour de la stèle était prévu dans les accords d'armistice de 1947, restés lettre morte pendant une soixantaine d'années, avant que l'Italie ne restitue le monument, acheminé en trois blocs en avril 2005 par avion.

Le monument qui est tombé "10 ou 12 siècles après avoir été érigé", selon l'archéologue Francis Anfray, avait été emmené dans les années 1930 à Naples après l'invasion du pays par l'armée italienne, puis installée à la demande de Benito Mussolini à Rome devant le ministère des colonies.

Ce symbole de l'histoire et de l'identité du royaume d'Axoumite, érigé au 3è ou 4è siècle après JC au moment de la christianisation de ce royaume, sera "remontée exactement où elle était" à Axoum (nord de l'Ethiopie), a expliqué M. Anfray.

Elle reprendra sa place sur un site qui comprend une centaine de stèles. Parmi elles, figure une stèle de 33 mètres et 545 tonnes, "plus grand monolithe envisagé par l'homme, plus haut que les obélisques égyptiens, mais qui est vraisemblablement tombé au moment de l'installation", a ajouté M. Anfray.

Le site archéologique d'Axoum, inscrit sur la liste du patrimoine mondial par l'Unesco en 1980, couvre une vaste étendue avec un deuxième site d'une soixantaine de stèles. Il compte également des tombeaux, des fosses gravées. Les stèles, qui sont, à la différence des obélisques, des pierres tombales, étaient pour la plupart dans cette région érigées pour commémorer des lignées familiales plutôt que des individus.

La réinstallation de "l'obélisque d'Axoum" devrait durer deux mois. Il sera inauguré le 10 septembre et s'incrit dans le développement d'autres projets à Axoum afin, selon l'Unesco, de développer le tourisme dans la région frontalière de l'Erythrée.

A voir et lire :
Documents relatifs au projet de réinstallation de l'obélisque, notamment une notice historique et archéologique sur les stèles d'Aksum et des détails techniques sur l'opération.
Page dédiée à Aksoum sur le site de l'UNESCO
D'autres photos des obélisques aksoumites via Flickr.

Par ailleurs, l'Ethiopie compte sept autres lieux inscrits au patrimoine mondial de l'humanité :

L’Ethiopie a ratifié la Convention du patrimoine mondial le 6 juillet 1977.

Il y a 8 sites éthiopiens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial:

• Eglises creusées dans le roc de Lalibela – 1978
Au cœur de l'Éthiopie, dans une région montagneuse, les onze églises monolithes médiévales de cette « nouvelle Jérusalem » du XIIIe siècle ont été creusées et taillées à même le roc près d'un village traditionnel aux maisons rondes.

• Fasil Ghebbi, Région de Gondar – 1979
Résidence de l'empereur éthiopien Fasilidès et de ses successeurs aux XVIe et XVIIe siècles, la ville fortifiée de Fasil Ghebbi regroupe à l'intérieur d'une enceinte de 900m palais, églises, monastères, bâtiments publics et privés d'un style très particulier, marqué d'influences indiennes et arabes, et métamorphosé par l'esthétique baroque transmise au Gondar par les missionnaires jésuites.

• Basse vallée de l'Aouache – 1980
Point de référence pour l’étude de l’origine de l’humanité, la vallée de l'Aouache contient un des plus importants ensembles de gisements paléontologiques du continent africain.

• Tiya – 1980
Sur quelque 160 sites archéologiques découverts jusqu'à présent dans la région du Soddo, au sud d'Addis-Abeba, celui de Tiya est l'un des plus importants. Il comprend 36 monuments, dont 32 stèles présentant une figuration sculptée faite d'épées et de symboles demeurés énigmatiques. Ces stèles témoignent d'une culture proto-historique d'Éthiopie que l'on n'a pas encore pu dater avec précision.

• Aksoum – 1980 Le royaume d’Aksoum fut le centre du pouvoir politique dans le cœur de l’Ethiopie antique jusqu’au VIIe siècle. Les ruines massives de la capitale du royaume comprennent des obélisques et des stèles monolithiques. Celles-ci furent érigées entre le IIIe et le IVe siècle av. J.-C. comme monuments funéraires pour les membres décédés de l’élite du royaume.

• Basse vallée de l'Omo– 1980
Près du lac Turkana, la basse vallée de l'Omo est un site préhistorique de renommée mondiale, où ont été découverts de nombreux fossiles, notamment l'Homo gracilis, d'une importance essentielle pour l'étude de l'évolution humaine.

• Harar Jugol, la ville historique fortifiée – 2006
La ville fortifiée de Harar est située dans la partie orientale du pays, sur un plateau encerclé par le désert et la savane et entaillé par de profondes gorges. Les murs ceignant cette ville sacrée musulmane ont été construits entre le XIIIe et XVIe siècles. Harar Jugol, connue comme la quatrième ville la plus sainte de l’Islam, compte 82 mosquées, dont trois datent du Xe siècle, 102 sanctuaires et plusieurs types de maisons traditionnelles avec une conception extérieure différente des constructions habituelles trouvées dans les pays musulmans et unique en Ethiopie.

• Parc national de Simien - 1978 (N iii, iv)
Une érosion massive au cours des ans a formé sur le plateau éthiopien un des paysages les plus spectaculaires du monde, avec des pics, des vallées, et des précipices atteignant jusqu'à 1 500 m de profondeur. Le parc est le refuge d'animaux extrêmement rares, comme le babouin gelada, le renard du Simien ou Walia ibex, sorte de chèvre qu'on ne trouve nulle part ailleurs.

Le Parc National de Simien est inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril.